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21 septembre 2011

Sodomie et Soufisme en Afghanistan

Les sociologues attachés au deuxième bataillon de Marines en Afghanistan ont fait circuler, l'année dernière, un document interpellant à propos de la sociologie pashtun, sous la forme d'un rapport de terrain sur la sexualité des hommes parmi les alliés afghans de Américains. Le document, rendu disponible par des sources militaires, n'est pas classifié et simplement dérangeant. Ne rien demander et ne rien dire ne fait rien pour qualifier le problème. Ce sont des choses que vous ne voudriez pas connaître et que vous regrettez d'avoir entendu. Les Marines gagnent leur pitance avec l'aide de leurs adjoints sur le terrain, mais le rapport s'interroge sur le fait de savoir si la pédophilie masculine possède une dimension religieuse et culturelle, Tentons d'expliquer pourquoi. La plupart des Pashtuns, indique le rapport, sont engagés sexuellement avec d'autres hommes, des garçons, en fait. En fait, la majorité de leurs contacts sexuels se déroulent avec des hommes. Une sexualité contrainte culturellement, bien qu'elle ne soit pas perçue ainsi par leurs pratiquants paraît affecter une tranche de population beaucoup plus importante que certains chercheurs attribuent habituellement à une inclinaison naturelle. Certaines des raisons évoquées trouvent leur origine dans une ségrégation sévère des femmes, le coût prohibitif du mariage relatif aux codes tribaux et la situation de dépression économique dans laquelle se trouvent placés les jeunes Pashtuns. L'équipe de terrain répondait aux interactions scandaleuses entre les combattants pashtuns et les troupes de l'OTAN dont certaines sont contées sur le mode hilare par la presse, par exemple : "A Bagram, les commandos britanniques revenant d'opérations lointaines dans la montagne, ont parlé d'une nouvelle menace alarmante : se faire draguer par des bandes entières de fermiers locaux homosexuels. James Fletcher, soldat écossais dit : " ils étaient plus terrifiants qu'al-Qaeda, un mec aux ongles des doigts de pied nous offrit de vernir les nôtres. Ils errent dans le village, la main dans la main. Lors de l'opération Condor, des douzaines d'hommes des villages qu'ils devaient sécuriser leur firent des propositions. Un autre témoin, de vint ans : "C'était l'enfer, dans chaque village ou nous nous rendions, nous avions droit à un groupe d'hommes maquillés qui se présentaient à nous, qui touchaient nos cheveux et nos joues en émettant des bruits de baisers." Le problème, écrivent les chercheurs c'est que la société pashtun souffre d'un accès aux femmes extrêmement limité en citant un jeune Pashtun interrogé par l'enquête : "je n'ai eu des relations sexuelles qu'avec des hommes, j'aime bien les garçons mais je préfère les filles, mais on ne peut même pas les voir pour savoir su elles sont belles, mais les garçons, on peut les voir et savoir s'ils nous plaisent." Beaucoup de Pashtuns disent que l'homosexualité est, en réalité, interdite par l'Islam, c'est une garantie de honte et de condamnation. Si l'homosexualité est définie spécifiquement et étroitement comme l'amour d'un autre homme. Aimer un homme serait donc inacceptable et un péché capital dans cette interprétation culturelle de l'Islam. Mais utiliser un autre homme afin de gratification sexuelle serait considérée une option indésirable mais toutefois préférable à des relations sexuelles avec une femme inappropriée, qui, dans le contexte de l'honneur pashtun aurait des bonnes chances de se terminer en revanches et en crimes d'honneur. Quel est la prévalence des relations homosexuelles chez les Pashtuns ? Les chercheurs ont noté que les médecins ont du traité une épidémie de gonorrhée parmi les interprètes locaux de leur camp ? Une douzaine se trouvaient atteints de la maladie sur vingt jeunes hommes interprètes, la plupart par voie anale, C'est plutôt anecdotique et l'échantillon est trop faible pour en tirer des généralisations sur la prévalence de l'activité homosexuelle dans l'ensemble de la région mais vu la difficulté à obtenir de telles informations, elles peuvent servir d'indicateur. Par la nouvelle "le coureur au cerf-volant" publiée en 2003, Khaled Hosseini, les occidentaux ont eu une impression de ce que l'équipe de chercheurs appelle " : une tradition culturelle ouvertement célébrée, depuis les temps anciens, la tradition poétique et artistique de Kandahar adore le imberbes pré pubères comme des icônes de beauté physique. De plus, la vie musicale nocturne renaissante des villes du sud afghan adule les chanteurs males pré pubères dont le statut ne demeure que tant qu'ils n'ont pas mué. Les Pashtuns de Kandahar détiennent une notoriété pour leur homosexualité depuis des siècles, en particulier pour leur passion pour les jeunes garçons naïfs. En 1994, avant l'arrivée des Talibans, les rues étaient pleines d'ados se pavanant, accompagnés de leur papy en sucre. On a appelé Kandahar la capitale homosexuelle de l'Asie du sud. Les Pashtuns sont tellement obsédés par la sodomie que les habitants vous racontent qu'ici, les oiseaux ne volent que d'une aile et que l'autre leur sert à couvrir leur postérieur et que le viol des jeunes garçons par les seigneurs de guerre fut un des facteurs clé dans les mobilisations des Talibans par le Mollah Omar, ajoute le rapport. Et bien que les Talibans découragent l'exhibition, on ne doit pas voir çà indépendamment de la culture et de la tradition d'homosexualité du monde pashtun dont ils font partie, ajoute l'auteur. L'homme qui prend un halekon ( jeune amant male) essayent souvent de l'intégrer à la famille en le mariant à une de ses filles quand le gosse n'est plus jeune assez pour jouer le rôle de l'imberbe. Cela permet de maintenir la relation amoureuse entre le père et le beau-fils, ce qui rend inévitablement l'établissement d'une relation normale avec l'épouse, comme l'explique l'équipe de terrain. Ses résultats sont étonnants mais elle met trop l'emphase sur l'étrangeté de la tradition pashtun sans porter assez d'attention au rôle plus large de l'homosexualité dans la culture islamique, en particulier soufie. Ce que les universitaires considèrent aujourd'hui comme l'age d'or de la poésie amoureuse islamique, le haut moyen age persan, fit de la pédérastie homosexuelle un mode amoureux normatif. A l'époque ou Dante et Pétrarque languissaient pour Béatrice et Laura, leurs vis-à-vis, dans le canon de la poésie islamique, Hafez et Roumi, décrivirent leur infatuation pour les jeunes garçons. Le poète soufi afghan de référence, Abdul Rahman Baba, barde du dix-septième siècle, dont on connaît peu de choses, sinon sa fuite avec un jeune garçon nommé Mujnoon. On le portraiture généralement comme un enfant fleur prématuré voué à la paix et à l'amour, c'est sans doute ce que les Talibans pensent aussi puisqu'ils ont fait sauter sa tombe en 2009. La critique de son art est rare mais ses poèmes sont très voisins du style persan de Roumi. La prévalence de la pédophilie homosexuelle dans la poésie islamique classique aussi bien persane que pashtun, suggère que l'équipe ait raté une dimension importante de la question, son aspect religieux. L'argument est le suivant : La pédophilie soufie ne peut pas être écartée comme une rémanence des vieilles pratiques tribales que l'Islam incorpore souvent. Par exemples, les mutilations génitales féminines. La mutilation génitale est une pratique préislamique inconnue dans l'occident ancien comme nouveau. Même si certaines autorités musulmanes la défendent sur la base du Hadith, aucun n'a jamais proclamé qu'elle menait à l'illumination. On trouve, hélas, des pédophiles partout. De par ses origines, le Soufisme fait d'une pratique, considérée comme étant criminelle en occident, une expérience spirituelle définitive. Mais la pédérastie comme exercice spirituel n'est pas, par son caractère, essentiellement différente des pratiques furtives de pervers occidentaux. Comme l'explique les psychologues, c'est là l'expression d'un narcissisme, l'amour d'une image de soi jeune, idéalisée. Toutes formes de mysticisme contemplatif court le danger que l'objet de l'adoration dans lequel se dissout la personnalité ne se termine par soi-même. Cà sonne bien de chercher Dieu dans tout, c'est à dire nulle part en particulier. Le soi devient le tout, l'ensemble se réalise dans un genre d'onanisme narcissique. L'amant ne peut plus se distinguer du tout. Le soi et le tout s'identifient. Il n'y a rien d'autre dans le Soufisme sinon votre propre ego contemplant le miroir carnavalesque de la mystique. L'adepte ne prie plus Dieu qui est entièrement autre, ni le Dieu de la bible ni le Christ des évangiles, mais bien une version plus jeune et plus jolie que lui-même. Dans ce sens, la pédophilie en Afghanistan peut avoir une motivation religieuse distincte.

25 mai 2009

Soufisme et surréalisme

Comme Un Bateau Ivre
Dans son essai Soufisme et surréalisme(*) le poète Adonis se souvient d'une réflexion de Michel de Certau à propos de la poétesse Catherine d'Amboise. "Et quand le voyageur quitte le port, il n'a ni passé ni destin", dit-elle, " Il se rend dans un désert sans nom comme un bateau ivre. C'est de cette manière que peut se lire Adonis, un des grands rénovateurs de la poésie arabe mais aussi un déraciné, un voyageur, un pèlerin, qui parcourt le monde, qui l'écoute et qui le touche, qui s'y mêle et cherche ses mystères. Il nomme Michaux et en parle dans son essai pour expliquer comment il est parti, grâce aux stupéfiants, là où se rendent les soufis par la préparation corporelle en décrivant la manière : "Ces paroles, seules, ne peuvent dire ce que la quète dit aussi, de chercher, mais personne ne sait ou. Récemment, Adonis a participé au festival Hay de l'Alhambra ou, une fois de plus, se sont réuni écrivains prometteurs, éditeurs et périodistes du monde entier pour échanger idées, expériences, impressions et pour raconter des histoires. Adonis naquit en 1930 dans une petite localité du Nord de la Syrie, Qasabin qui ne connaissait pas les commodités modernes, ni l'électricité, ni la radio ni l'automobile, Jusque l'age de douze ans. Il avait appris, grâce à son père a récité quelques poèmes, à apprendre par cœur et à écrire. Rapidement, ce fut le même qui s'aventura dans les sables mouvants de la poésie. Plus de trente ouvrages publiés donne à Adonis un nom, qui, année après année s'évoque pour le prix Nobel. Etudiant en philosophie à Damas, on le mit en prison pour avoir participer à la fondation du parti national socialiste syrien. Il partit de Syrie pour Beyrouth en 1956, sa vie changea radicalement, il décide de se consacrer à l'écriture, il publia une revue de poésie et se mis à explorer les parages de ceux qui utilisent les mots comme un bateau ivre. Sa tentative liée à un des mouvements de l'avant-garde en relation avec le mysticisme musulman, du soufisme au surréalisme est publiée en 1992. Son œuvre est en bonne partie marquée de cette préférence, d'être profondément influencée par les errances arabes classiques, évidemment ouverte aux influences hétérodoxes, les projetant au monde. Un de ses projets littéraires majeurs "Le Livre" réunit ses préoccupations les plus récentes. Il y a beaucoup d'Adonis chez Adonis. " La véritable poésie n'est en rien clarté ni évidence, c'est le contraire, elle entretient l'obscurité du monde." Ecrit-il dans un essai sur Rimbaud. En 1967 lors de la guerre des six jours, Israël envahit la majeure partie des territoires palestiniens et entra aussi au Liban, en Syrie et en Egypte. Adonis se sentit mobilisé par les urgences historiques et parla de ce qui s'était passé. De cette époque date son "Epitaphe pour New York " qui tient de la voix de Lorca. Ici, à Grenade, ville natale du poète du Romancero Gitan. " La parole est le plus léger des instants qui entre ainsi dans tout chose", écrit Adonis dans ce poème. " L'action est un lieu, un moment, la parole est de tous les lieux et de tous les temps.




(*)Editions Alianza,Trad.J.M.Puerta Vilchez Source: Jose Andres Rojo, el rincon del distraido
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