28 mai 2009
Quentin Durward
Quentin Durward, jeune Ecossais engagé dans la compagnie d'archers écossais de la garde de Louis XI. est envoyé pour conduire Isabelle de Croy, une jeune héritière bourguignonne échappée d'un mariage avec un vieux et laid courtisan de Louis XI pour la mettre sous la protection de l'Evêque de Liège. Il la sauve de nombreux périls et, finalement, gagne sa main en tuant Guillaume de la Marck, le sanglier des Ardennes. L'histoire s'inscrit dans les intrigues de Louis XI contre Charles le téméraire et de la révolte de Liège (1468) . La scène suivante se passe après le détrônement et la capture de l'Evêque de Liège, Louis de Bourbon, par la bande de Guillaume de la Marck et les citoyens rebellés. Il ne pouvait exister un changement plus horrible et plus étrange que celui qui s'était passé dans le corridor du château de Schönwald après que Quentin y eût partagé le repas de midi. A la table, assis sur le trône de l'Evêque, traîné de la chambre du conseil, le redouté sanglier des Ardennes lui-même, qui méritait bien ce nom abhorré qu'il affectait d'apprécier et qui faisait tout ce qu'il pouvait pour le rendre encore plus redoutable. Sans casque, mais portant le reste de son armure lourde et brillante, qu'il abandonnait rarement, avec sur ses épaules, une forte et large cape, faite de la peau tannée d'un grand sanglier sauvage, munie d'attaches et de nœuds d'argent pur. La peau de la tête de sanglier ainsi arrangée, que "portée par dessus le casque, quand le baron était armé, ou sur la tête nue comme un capuchon ce qui lui arrivait souvent quand il ne l'était pas, telle qu'il la porte maintenant, créait l'effet d'un monstre grimaçant et horrible qu'il abandonnait rarement et qui faisait partie du naturel de son expression ordinaire. Les soldats .et les officiers, assis autour de la table, mélangés aux hommes de Liège, dont certains de la plus basse extraction, parmi lesquels Nikkel Blok, le boucher, placé aux côtés du sanglier des Ardennes, se distinguait par des manches relevées montrant des bras tachés de sang jusqu'aux coudes, comme l'était le merlin posé sur la table devant lui. La plupart des soldats portaient des longues barbes en désordre, imitation de celle de leur maître, avec des cheveux hirsutes et tournés vers le haut de façon à augmenter la férocité naturelle de leurs apparences, et intoxiqués, comme beaucoup d'entre eux semblaient l'être, en partie par la conscience de leur triomphe et en partie par les grandes libations de vin qu'ils avalaient à grandes gorgées, ils présentaient un spectacle à la fois hideux et dégoûtant. Le langage qu'ils employaient et les chansons qu' ils chantaient, sans même s'écouter les uns les autres, dégoulinaient de licence et de blasphèmes. 1 2 3
09:05 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : walter scott





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